mardi 28 avril 2009
Suggestion d'exercice
Si vous êtes d'accord, il y a un échauffement que l'on avait fait avec Manuelsa, Audrey, Manu brune et Jean Felix que l'on pourrait refaire.
On éteint la lumière. Tout le monde est en ligne face au mur du fond. Une seule personne (volontaire) n'est pas avec les autres. Elle est dans la pièce (où elle veut), face au dos des autres et elle commence à parler de quelqu'un. L'idée c'est de lâcher prise, évidemment pas pour être blessant ou lécher les bottes mais au contraire pour dire ce que on a sur le coeur de très personnel et qui ne manque pas de survenir quand on est embarqué sur une pièce. Les autres écoutent. Quand une personne en train d'écoute est sûre que l'on ne parle pas d'elle, elle s'en va. A la fin il ne reste plus que celui à qui le message est adressé.
Vous pourrez demander à ceux qui ont essayé, c'est un exercice qui casse la baraque!
On éteint la lumière. Tout le monde est en ligne face au mur du fond. Une seule personne (volontaire) n'est pas avec les autres. Elle est dans la pièce (où elle veut), face au dos des autres et elle commence à parler de quelqu'un. L'idée c'est de lâcher prise, évidemment pas pour être blessant ou lécher les bottes mais au contraire pour dire ce que on a sur le coeur de très personnel et qui ne manque pas de survenir quand on est embarqué sur une pièce. Les autres écoutent. Quand une personne en train d'écoute est sûre que l'on ne parle pas d'elle, elle s'en va. A la fin il ne reste plus que celui à qui le message est adressé.
Vous pourrez demander à ceux qui ont essayé, c'est un exercice qui casse la baraque!
L'émotion
Certes, la pièce est une comédie, mais rire ne veut pas dire ne rien ressentir. Au contraire, le rire peut naitre de situations tellement désespérées qu'elles en deviennent drôles.
C'est la grosse difficulté de la scène du ballon et de celle entre le Frère Laurent et Juliette.
Dans la scène du ballon, l'impression reste légère grâce à Lucile qui reste fixée sur Ronaldo. Pourtant Juliette et Marina sont sincèrement bouleversées, elles. C'est ce qui fait ensuite le comique de la scène quand elles s'énervent sur Lucile.
Dans la scène du Frère Laurent, celui-ci est maladroit, style Woody Allen découvrant que sa fille est une ado déchainée. Occupé par l'alcool et les débats théologiques, il n'arrive pas à réagir face à Juliette qui veut mourir plutôt que d'obéir.
Enfin c'est bien beau de dire ça, mais ça n'aide pas tellement à jouer ... Et même dans les scènes plus légères souvent il est difficile de rire sans que cela fasse forcé. Pourtant si on se met tous en cercle et qu'on se force à rire sans se préoccuper d'avoir l'air crédible, on va vite être sincèrement pliés en quatre. L'idée c'est je crois de réussir à jouer avec son corps pour aider le reste à suivre.
L'autre souci est que les actions que l'on se donne pour s'aider doivent être naturelles sinon elles étouffent l'émotion. Le début de la scène aussi est très important pour cela, c'est très difficile de se mettre dans un état quand on a mal commencé. Nous avons complètement revu la scène avec Frère Laurent Vendredi dernier, j'espère qu'elle fonctionnera mieux maintenant.
C'est la grosse difficulté de la scène du ballon et de celle entre le Frère Laurent et Juliette.
Dans la scène du ballon, l'impression reste légère grâce à Lucile qui reste fixée sur Ronaldo. Pourtant Juliette et Marina sont sincèrement bouleversées, elles. C'est ce qui fait ensuite le comique de la scène quand elles s'énervent sur Lucile.
Dans la scène du Frère Laurent, celui-ci est maladroit, style Woody Allen découvrant que sa fille est une ado déchainée. Occupé par l'alcool et les débats théologiques, il n'arrive pas à réagir face à Juliette qui veut mourir plutôt que d'obéir.
Enfin c'est bien beau de dire ça, mais ça n'aide pas tellement à jouer ... Et même dans les scènes plus légères souvent il est difficile de rire sans que cela fasse forcé. Pourtant si on se met tous en cercle et qu'on se force à rire sans se préoccuper d'avoir l'air crédible, on va vite être sincèrement pliés en quatre. L'idée c'est je crois de réussir à jouer avec son corps pour aider le reste à suivre.
L'autre souci est que les actions que l'on se donne pour s'aider doivent être naturelles sinon elles étouffent l'émotion. Le début de la scène aussi est très important pour cela, c'est très difficile de se mettre dans un état quand on a mal commencé. Nous avons complètement revu la scène avec Frère Laurent Vendredi dernier, j'espère qu'elle fonctionnera mieux maintenant.
La disparition et le fantasme
Etre acteur c'est pas aimer paraître, c'est aimer énormément disparaitre. L'acteur le sait bien, qu'il va jouer jusqu'à devenir invisible. Le vrai acteur qui joue, aspire à rien avec autant de violence, qu'à pas être là. Si l'acteur n'était pas le plus grand de tous les désespérés qui soient, il n'entrerait pas sur scène. Si l'acteur est doué, c'est d'un manque.
Valère Novarina, Pour Louis de Funès
Dans les scène à deux, un des grands plaisirs est de se sentir emporté par le jeu et de disparaitre. Au fond le plaisir dans le jeu c'est le néant, celui qui vient après l'amour, quand on est en sueur, complètement nus, qu'on est bien tué et qu'on peut enfin respirer... Oui c'est un sacré voyage quand ça le fait!
Personnellement, j'ai vraiment commencé à me sentir investie quand j'ai répété les scène avec Roméo. Je me suis retrouvée obligée à prendre des risques, à ne pas tricher. C'était le déclic pour tout le reste de la pièce.
La scène de la rencontre, nous l'avons travaillée avec tellement d'investissement corporel et de changements de rythme, que c'est un vrai saut en chute libre à chaque fois. Pas de temps pour réfléchir, tout repose sur la vivacité et la confiance. Je me souviens d'une fois à Vagabonde où nous avons fait la scène debout sur des chaises, j'ai a peine entendu Jean Felix me murmurer "saute!" avant de tomber mais j'étais prète parce que je savais que nous allions bouger d'un instant à l'autre.
Ce n'est pas facile pour lui de jouer sans faire l'hétéro supralibidineux, et j'essaye de me calmer sur les acrobaties, et oui l'amour c'est plein de compromis ... Enfin merci ma mie pour tes petits mots Shakespeariens du soir!
La concentration
Je pense qu'on a tous ressenti une énorme différence dans notre jeu à partir du moment où nous avons commencé à faire de vrais échauffements. Même si le texte paraît transparent, facile d'accès quand il est léger, le fait de jouer demande obligatoirement un énorme investissement.
Cet investissement est encore plus grand dans les scènes de groupe comme l'anniversaire, le mariage ou l'enterrement. Dans ces scènes, chacun doit pouvoir "sentir" les autres, être présent pleinement sans parasiter le jeu des autres.
J'ai observé deux problèmes chez moi, peut-être avez-vous eu les mêmes, soit je m'arrête de jouer parce que je regarde les autres, soit j'en fais trop et je les parasite. Le gros risque c'est de perdre le fil de l'action principale qui peut être noyée par tout ce monde. Pour l'éviter, j'essaye de me souvenir qu'il y a deux niveaux d'action dans ces scènes. L'action principale : mariage, rencontre ou mort entre Roméo et Juliette. Et toutes les actions secondaires: discours de Frère Laurent, bague avalée par Lucile, Marylin Monroe, le garçon moche, etc.
Les deux niveaux d'action doivent être lisibles et rythmés avec un début, une progression et une chute. C'est la même chose que lorsque nous faisons des machines infernales, il faut créer une machine globale qui corresponde au thème en menant sa petite action qui a elle-même un début et une fin. Quand la machine globale s'accélère, on essaye de garder sa petite action dans la machine en restant en harmonie avec les autres. Je crois que cet exercice est vraiment bénéfique quand on arrive à créer un vrai rythme tous ensemble.
Pour les actions secondaires des grosses scènes, le rythme se trouve naturellement par le corps lorsqu'on est détendu. Par exemple, je me souviens de la dernière répétition où j'étais avec vous pour l'anniversaire. On était tous crevés mais avec les filles du coup nous étions encore plus concentrées pour vite pouvoir aller dormir. Du coup le gag des "végétauphiles" de Lucile a bien marché parce qu'avec Manu on était vraiment ensemble et on respirait en même temps. Etre détendu sur scène, ça ne veut pas dire dormir bien au contraire, c'est faire assez de place en soi pour pouvoir écouter vraiment les autres et le public. Plus on est crispé, plus on s'enferme et les autres ne peuvent plus jouer avec nous. D'ailleurs je pense que j'ai montré un assez mauvais exemple sur Vagabonde.
Je n'ai pas trop de petit gag alors je m'arrête là, si vous avez quelque chose à ajouter ...
Cet investissement est encore plus grand dans les scènes de groupe comme l'anniversaire, le mariage ou l'enterrement. Dans ces scènes, chacun doit pouvoir "sentir" les autres, être présent pleinement sans parasiter le jeu des autres.
J'ai observé deux problèmes chez moi, peut-être avez-vous eu les mêmes, soit je m'arrête de jouer parce que je regarde les autres, soit j'en fais trop et je les parasite. Le gros risque c'est de perdre le fil de l'action principale qui peut être noyée par tout ce monde. Pour l'éviter, j'essaye de me souvenir qu'il y a deux niveaux d'action dans ces scènes. L'action principale : mariage, rencontre ou mort entre Roméo et Juliette. Et toutes les actions secondaires: discours de Frère Laurent, bague avalée par Lucile, Marylin Monroe, le garçon moche, etc.
Les deux niveaux d'action doivent être lisibles et rythmés avec un début, une progression et une chute. C'est la même chose que lorsque nous faisons des machines infernales, il faut créer une machine globale qui corresponde au thème en menant sa petite action qui a elle-même un début et une fin. Quand la machine globale s'accélère, on essaye de garder sa petite action dans la machine en restant en harmonie avec les autres. Je crois que cet exercice est vraiment bénéfique quand on arrive à créer un vrai rythme tous ensemble.
Pour les actions secondaires des grosses scènes, le rythme se trouve naturellement par le corps lorsqu'on est détendu. Par exemple, je me souviens de la dernière répétition où j'étais avec vous pour l'anniversaire. On était tous crevés mais avec les filles du coup nous étions encore plus concentrées pour vite pouvoir aller dormir. Du coup le gag des "végétauphiles" de Lucile a bien marché parce qu'avec Manu on était vraiment ensemble et on respirait en même temps. Etre détendu sur scène, ça ne veut pas dire dormir bien au contraire, c'est faire assez de place en soi pour pouvoir écouter vraiment les autres et le public. Plus on est crispé, plus on s'enferme et les autres ne peuvent plus jouer avec nous. D'ailleurs je pense que j'ai montré un assez mauvais exemple sur Vagabonde.
Je n'ai pas trop de petit gag alors je m'arrête là, si vous avez quelque chose à ajouter ...
Bienvenue
Salut à tous!
Désolé pour la présentation plutôt austère, si vous avez des suggestions, n'hésitez-pas !
Pourquoi encore un truc sur internet que personne va lire me direz-vous ?
Et bien déjà parce que ce matin j'avais le temps d'écrire vu que le tournage de la bande annonce a été annulé (merci messieurs grévistes) ... Je pense qu'il manque un espace sérieux pour parler entre nous de la pièce, du jeu, de ce que vous pouvez ressentir, etc. Nous entrons dans une phase de répétitions intensives qui va être riche en émotions et potentiellement en tensions, et ce site pourrait être un espace de partage pour prendre du recul, réfléchir à ce que nous sommes en train de faire et de vivre.
Je pense que nous avons tous une vision du théâtre assez différente, nous n'aimons surement pas tous les mêmes choses y compris dans la pièce, pourquoi ne pas en parler ?
Quant au jeu il est de plus en plus exigeant, parce que nous avons tous une responsabilité envers nous même et envers les autres et les spectateurs de présenter un travail sérieux. Nos efforts et notre réflexion sont ce qui nous donnera ensuite la légitimité d'être sur scène et de faire face éventuellement aux critiques.
Mieux vaut donc je pense nous préparer dès maintenant car les représentations approchent. J'ai essayé de me souvenir pour ma part de ce que je trouvais difficile à jouer, les échauffements que j'avais aimé, les points positifs, etc. J'espère que vous apporterez votre pierre à l'édifice.
Bonne lecture!
Célia (alias Juliette)
Désolé pour la présentation plutôt austère, si vous avez des suggestions, n'hésitez-pas !
Pourquoi encore un truc sur internet que personne va lire me direz-vous ?
Et bien déjà parce que ce matin j'avais le temps d'écrire vu que le tournage de la bande annonce a été annulé (merci messieurs grévistes) ... Je pense qu'il manque un espace sérieux pour parler entre nous de la pièce, du jeu, de ce que vous pouvez ressentir, etc. Nous entrons dans une phase de répétitions intensives qui va être riche en émotions et potentiellement en tensions, et ce site pourrait être un espace de partage pour prendre du recul, réfléchir à ce que nous sommes en train de faire et de vivre.
Je pense que nous avons tous une vision du théâtre assez différente, nous n'aimons surement pas tous les mêmes choses y compris dans la pièce, pourquoi ne pas en parler ?
Quant au jeu il est de plus en plus exigeant, parce que nous avons tous une responsabilité envers nous même et envers les autres et les spectateurs de présenter un travail sérieux. Nos efforts et notre réflexion sont ce qui nous donnera ensuite la légitimité d'être sur scène et de faire face éventuellement aux critiques.
Mieux vaut donc je pense nous préparer dès maintenant car les représentations approchent. J'ai essayé de me souvenir pour ma part de ce que je trouvais difficile à jouer, les échauffements que j'avais aimé, les points positifs, etc. J'espère que vous apporterez votre pierre à l'édifice.
Bonne lecture!
Célia (alias Juliette)
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